Jouer aux échecs contre le champion de Belgique
Réfléchir profondément, préparer des plans, mener votre adversaire en bateau, vous retrancher, risquer une sortie, encercler l’adversaire... et, quand la partie est terminée, féliciter votre adversaire. Ce n’est pas le propre d’un général, mais bien d’un joueur d’échecs.
Les joueurs de club vous diront qu’il s’agit bel et bien d’un sport, mais on n’y trouve pourtant guère de dépense physique. Nous nous sommes donc entretenus de ce « sport » avec Mher Hovhanisian, trois fois champion de Belgique d’échecs, qui sera notre invité spécial à ManiFiesta.
Vous avez débuté les échecs très jeune. Comment êtes-vous devenu si fort ?
Mher Hovhanisian. J’avais cinq ans. En Arménie, où je vivais alors, les échecs sont très populaires. Dans les parcs, on voit toujours des personnes âgées jouer aux échecs. Souvent, ils sont très bons. J’allais toujours regarder et j’ai beaucoup appris avec eux. À six ans, après l’école, j’allais prendre une leçon d’échecs trois ou quatre fois par semaine avec 200 autres enfants. Les profs m’ont remarqué et sélectionné pour l’école nationale d’échecs. Dès dix-huit ans, les plus doués peuvent aller à l’université des sports où l’on vous forme comme professeur de gymnastique et d’échecs. J’ai achevé la formation et j’ai le diplôme.
Quand vous étiez enfant, votre ville faisait encore partie de l’Union soviétique. Les échecs y avaient une grande importance.
Mher Hovhanisian. Oui, on encourageait énormément la pratique des échecs. Il y avait des écoles spéciales, mais on consacrait également beaucoup d’attention aux joueurs moins doués. Les échecs, sur le plan pédagogique, constituent un excellent moyen pour acquérir un mode logique de pensée et pour stimuler la créativité. Un joueur d’échecs doit analyser et projeter sa pensée le plus loin possible vers l’avant. Dans la vie, il en va souvent de même et cette pensée projetée vers l’avant représente un avantage, non ?
Que faites-vous pour vous maintenir à un haut niveau aux échecs ?
Mher Hovhanisian. Moi-même, je tire beaucoup d’enseignement des livres d’échecs. J’ai un emploi mais, après mon travail, je lis beaucoup et je suis des parties sur Internet. Internet a beaucoup contribué à la popularité croissante des échecs. Il y a par exemple le site chesstempo.com, où tout le monde peut constamment améliorer son niveau.
Auteur :: Hendrik Vermeersch
Échecs simultanés à ManiFiesta. Mher Hovhanisian jouera aux échecs en même temps contre 40 adversaires. Début à 12 h. Jusque 17 h. Inscription dès 11 h 30. Les 40 joueurs s’assoient côte à côté à des tables aménagées en carré. Mher Hovhanisian, au centre, va d’un échiquier à l’autre. Quand il s’arrête devant un joueur, celui-ci est obligé de jouer son coup, après quoi il joue le sien.
